Ligne 1 : La mue souterraine

Ou la discrète automatisation du plus vieux métro parisien.

Après 111 ans de bons et loyaux services, la ligne 1, forte de plus de 725 000 passagers quotidiens, fait peau neuve. En effet, ce 3 novembre 2011 a vu l’inauguration des premières rames MP05. Celles-ci, dépourvues de conducteurs, remplaceront les actuelles MP89 qui s’en iront garnir la ligne 4. Elles présentent en outre l’avantage d’être dotées d’une ventilation réfrigérée, d’une meilleure isolation sonore, de 42 places de plus avec 144 sièges et 72 strapontins en heure calme ou une capacité de 734 personnes à raison de 4 individus par mètre carré.

Toutefois, le principal atout de cette automatisation est la réduction de l’intervalle minimum entre deux trains – de 105 secondes à 85 secondes, soit une amélioration de près de 20%, une nouveauté plus que bienvenue aux heures de forte fréquentation.

Malgré cela, la beauté du geste réside bel et bien dans la réalisation de tous les travaux nécessaires sans que les usagers ne soient dérangés ! De 2007 à 2011, c’est-à-dire, du rehaussement des quais en vue de l’installation de portes palières, jusqu’à la mise en service des nouvelles rames, lors même que les anciennes roulent encore (une première mondiale !), tous les chantiers se sont concrétisés sans interruption de trafic !

Pour ajouter encore au prestige de la RATP, cette automatisation ne s’est pas accompagnée de la mise à la retraite des anciens conducteurs, mais à leur réaffectation vers d’autres lignes ou d’autres postes tels le « superviseur d’exploitation » ou conducteur à distance à partir du tout nouveau Poste de Commande Centralisée (PCC).

Enfin, rendons hommage aux entreprises clés de ce chantier de 629 millions d’euros qui bénéficieront sans aucun doute de la vitrine de leur succès : Siemens pour l’automatisation, Alstom pour le matériel roulant, Kaba Gilgen pour les portes palières et CLEARSY pour le système de commande de ces dernières, DOF1.